Vivre à La Grande Roche, ça coûte cher ?

« Beau projet… mais trop cher pour des retraités… »
« Encore un projet pour des riches ! »

Ce sont des questions légitimes, que certains se posent en découvrant La Grande Roche. Parler du projet sans aborder la question financière serait passer à côté d’un point essentiel : celui de son accessibilité, notamment pour les personnes âgées aux revenus modestes.

Depuis le début, cette question ne nous a jamais quittés. Comment rendre économiquement viable un projet de colocation que nous voulons solidaire, avec les responsabilités qu’il implique, sans en exclure ceux qui en auraient le plus besoin ?

A la recherche d’un modèle viable

Très concrètement, cela nous a rattrapés dès l’ouverture. Nous avons dû expliquer à contrecœur à Marie, 82 ans, qui vit en logement social et que nous visitions alors régulièrement en tant que voisins, que nous ne pourrions pas l’accueillir. Malgré son envie profonde de rompre la solitude…

Alors nous avons cherché. Exploré les dispositifs, frappé à de nombreuses portes, rencontré des financeurs publics souvent ouverts et bienveillants face à notre démarche. Mais la réponse, inlassablement, revenait : “vous n’entrez dans aucune case.”

Un constat frustrant. Parce qu’entre le domicile isolé et l’EHPAD, il existe un vide. Et aujourd’hui encore, ce vide reste difficile à financer.
Nous avons alors pris le temps de repenser le modèle, accompagnés par des spécialistes. L’enjeu était clair : trouver un équilibre économique viable, sans renier le sens du projet qui devait rester à taille familiale et non lucratif, s’inspirant du modèle de l’économie sociale et solidaire.

Nous avons choisi d’y engager nos propres économies (même si insuffisantes), investies avec conviction. Car cette colocation est aussi devenue notre maison, un véritable projet de vie. Cet investissement nous paraissait donc cohérent : donner du sens à un argent que nous aurions, quoi qu’il arrive, consacré à notre propre logement.

En parallèle, nous avons eu recours à un emprunt bancaire. C’est sur cette base, et en tenant compte des coûts réels d’entretien d’un lieu comme celui-ci, que nous avons construit un modèle économique à l’équilibre.

Un coût réel, mais à remettre en perspective

Vivre à La Grande Roche représente un budget mensuel qui se décompose donc ainsi :

  • Loyer : 850 €
  • Charges : 350 €
  • Alimentation : 250 € (forfait basé sur une moyenne de nos consommations mensuelles)
  • Auxiliaire de vie : nous demandons à chaque colocataire de prendre un minimum de 3 heures par semaine avec une auxiliaire de vie de son choix, qui lui permettra de sécuriser sa présence sur le long terme et de bien dissocier notre rôle, présence bienveillante et non rémunérée, du rôle des soignants. Cette dépense bénéficie d’un crédit d’impôt de 50% ce qui en réduit significativement le coût réel.

Soit un coût global qui peut sembler élevé au premier regard. Mais comparé à quoi ?

Aujourd’hui, entre un loyer classique, les charges, l’alimentation, l’entretien d’un logement et l’isolement qui peut entraîner d’autres dépenses (aide à domicile, déplacements, etc.), le budget d’une personne âgée vivant seule peut rapidement atteindre un niveau similaire (voire supérieur).
À cela s’ajoute une réalité souvent oubliée : en résidence sénior, les loyers s’élèvent en général plutôt autour de 1200 à 2500 euros, uniquement pour le loyer et auxquels s’ajoutent fréquemment de nombreux services facturés en supplément.

La Grande Roche propose par ailleurs non seulement un logement spacieux (35m² par chambre et 170m² de parties communes), mais aussi un cadre de vie partagé, une présence humaine quotidienne et une véritable vie sociale. Là où certaines offres reposent sur une logique de services à la carte, ici, l’essentiel est déjà inclus : le lien, la convivialité, le sentiment d’être chez soi, entouré.

Qu’est-ce qu’on propose à La Grande Roche ?

Ici, pas de coûts cachés : les services du quotidien sont inclus et pensés de manière collective. Les courses, par exemple, ne font l’objet d’aucune facturation supplémentaire.
De la même manière, en cas de panne, de problème de chauffage ou de tout autre imprévu, nous prenons directement en charge la gestion. Pas de prestataire à solliciter, pas de frais additionnels : nous assumons ce rôle au quotidien.

Une alternative entre le domicile et l’EHPAD

La Grande Roche s’adresse justement à ces personnes qui ne relèvent pas encore d’un EHPAD. Ce sont des personnes autonomes, qui souhaitent continuer à vivre « comme chez elles », tout en rompant l’isolement et en bénéficiant d’un cadre sécurisant et accompagné. La maison s’inscrit en effet dans un véritable écosystème médico-social de proximité, qui permet d’avoir des solutions concrètes à portée de main en cas de besoin. Médecin traitant qui suit l’ensemble des colocataires s’ils le souhaitent, une psychologue qui vient tous les deux mois pour faire un point avec toute la maisonnée, un EHPAD voisin partenaire pour faciliter les relais si la situation évolue, et des contacts réguliers avec la Maison de l’autonomie du Département pour évaluer les aides mobilisables.

Autrement dit, chacun peut vivre ici en étant entouré, tout en ayant la garantie que des relais existent si nécessaire. Et ça, ça n’a pas de prix !